Le corps, un outil de connaissance fabuleux via nos cinq sens

lierre

Toute notre perception du monde extérieur provient de nos schémas intérieurs. Ce sont eux qui conditionnent notre vision du monde et finalement créent notre perception des événements. Comme un ping-pong incessant entre notre mémoire, nos conditionnements et les stimulations de l’instant présent.

En conséquence, notre premier travail n’est-il pas de faire à minima une observation de nos fonctionnements internes ?

« Connais toi toi-même » disait Socrate. C’est si simple que peu de monde n’y fait attention pendant que beaucoup n’hésiteraient pas à s’en gausser, à s’en moquer diraient les plus jeunes.

Notre société nous impose un rythme tellement effréné que les gens passent leur vie à courir sans prendre le temps des conséquences.

Ainsi, voici un petit exercice tout simple qui m’a des avancées intéressantes dans mon processus de changement et d’amélioration de mon quotidien. L’exercice provient d’un livre remarquable, La Voie médecine de Kenneth Meadows que j’ai amendé au gré des observations liées à la pratique.

Il s’agit seulement de prendre le temps d’accorder un peu d’attention, on va dire cinq minutes, à nos cinq sens, les uns après les autres. Vous pouvez trouver cela dérisoire au premier abord et pourtant c’est par là que passe toutes vos interactions avec le monde extérieur. Sans vos cinq sens, il ne vous reste que la pensée qui tourne en boucle sur elle-même. C’est par là que passent toutes informations à votre disposition pour exercer une action sur votre environnement. De la qualité de la perception de vos cinq sens va dépendre la qualité des informations dont vous disposez pour agir et votre capacité à proposer une action juste aux stimulations du monde extérieur. Essentiel, Est-Sens-Ciel, si vous permettez le jeu de mots.

Prendre le temps de se trouver un endroit calme si possible dans la Nature, de s’adosser à un arbre ou à un rocher et de commencer :

D’abord la Vue, il s’agit de notre sens prépondérant qui mobilise une grande partie de notre attention. Observez les jeux de lumière, explorez les vues panoramiques et les focalisations sur des endroits précis. Observez la Vie sous ses multiples formes plus ou moins animées. Ne vous laissez pas distraire par les sons environnants ou d’autres sensations. Soyez votre vue, soyez ce que vous regardez.

Passez à l’Ouie, cela peut aider de fermer les yeux, tant le regard est propre à nous distraire. Écoutez intensément. Le bruit du vent, des animaux, de la vie humaine plus ou moins proches. Quand vous êtes installés dans cette écoute, réouvrez les yeux et essayez de lier des sons précis avec leurs manifestations physiques.

Ensuite, concentrez votre attention sur le sens du Toucher. La sensation du soleil, du vent, de la pluie sur votre peau, ôtez vos chaussures, prenez le temps de toucher ce qui se trouve autour de vous, laissez aller votre curiosité toute respectueuse à votre environnement. Sentez les mouvements de vos muscles, le toucher peut être intérieur également. Sentez vos organes, la place qu’ils prennent comment ils suivent le mouvement extérieur de votre corps selon les positions. Le toucher est aussi l’occasion de s’apercevoir que nous semblons ressentir les choses via un endroit imprécis vers votre tête. Prenez le temps de focaliser votre attention sur une autre partie du corps, comme si vous vous éloigniez de votre tête, essayez de devenir cette autre partie du corps, qu’elle devienne le siège de votre conscience. Votre pied est autant votre corps que votre cerveau ou votre abdomen. Ceci est un point essentiel, et nous permet de sortir un peu de notre tête, lieu sur lequel nos fixons notre attention quasiment en permanence, comme si c’était le centre de commandement de la machine humaine.

Sentez à présent les odeurs qui vous entourent, comment elles se mélangent ou restent distinctes. Sentez votre propre odeur, comment elle vous parle de vous, comment chaque odeur parle de ce dont elle émane.

Finalement, Goûtez. Découvrez le goût de l’air qui entre en vous. Si vous avez quelque chose à manger ou une plante comestible à proximité, prenez le temps de le savourer. Profitez des sensations qui affluent lors de l’ingestion de la salive et de l’aliment. Accordez l’attention aux manifestations du corps qui en découle.

 

Une fois effectué le tour de vos cinq sens, prenez encore un peu de temps pour observer l’ensemble et revenir tranquillement à vos occupations. Comme me l’a fait justement remarqué Fleur de Plume lors d’un premier partage de cet exercice (merci à elle, elle se reconnaîtra si elle passe ici, les mots qui suivent sont en grande partie d’elle, adaptés à l’écriture de cette page pour la fluidité de lecture), il ne s’agit pas de se cantonner à isoler chaque sens l’un après l’autre. Il est nécessaire d’intégrer dans le Corps dans sa globalité les ressentis issus des étapes précédentes. Il est possible, à chaque sensation éveillée, de l’envoyer consciemment, par l’expir, dans tout le corps. Alors c’est notre corps dans sa totalité qui la reçoit, qui en est irrigué, informé.

Si vous prenez ne serait-ce que quelques minutes pour chaque sens, une à deux fois par semaine, vous verrez votre relation au monde s’aiguiser et se transformer rapidement vers quelque chose de nouveau, votre esprit s’éclaircir et votre quotidien rendre une tournure autre … Peu à peu, Nos sens stimulés ne se cantonnent plus aux minutes que nous daignons leur accorder mais viennent toquer à la porte s’invitant au milieu de nos routines, nous permettant de les voir non plus comme des routines dans lesquelles nous naviguons comme des zombies mais comme des moments uniques bien vivants et d’une richesse que l’on avait oublié. On découvre que cette pratique ne se limite pas aux temps d’exercice. En l’intégrant à notre quotidien, dans notre vie entière, nous devenons plus vivants, plus présents, plus éveillés.

Les applications et les répercussions de ce simple petit exercice sont très nombreuses , nous les évoquerons au fil du troisième monde, la Co-Naissance du Corps mais également dans le quatrième, l’Âme agit.

 

A vous de jouer !

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Autre application pratique de cette ouverture des sens, nos relations humaines. Laisser libre court à nos observations sensitives lors des relations que l’on a avec les autres nous fournit une mine de renseignements que nous avons une fâcheuse tendance à occulter. Ëtre attentif aux mouvements de l’autre, à son odeur, à son souffle, aux bruits produits par son corps, à la présence qui émane de lui hors du champ visuel… tout cela change notre perception de la relation et nous permet une justesse de comportement et de compréhension de l’autre que nous avions oublié alors que nous avons tous les outils à notre disposition.

Reste à présent à évoquer une conséquence directe de ce changement dans notre attention, dans nos perceptions du monde : le changement dans notre responsabilité vis à vis de tout cela. Garder l’innocence intérieure de l’enfant propice à l’attention la plus vraie possible en conscience de l’impact de nos actes sans se cacher derrière de fasses excuses. L’objet du prochain article…

A vous de jouer !